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DROIT, ESPACES, APPARTENANCES : ETATICITES FRACTALES A L’EPOQUE MODERNE

(mit Christophe Duhamelle)

Le séminaire aborde, dans le souci constant d’articuler les cas locaux et les problèmes généraux, la fabrique concrète du droit, de l’espace et des appartenances sous l’angle de leurs interférences avec les pratiques de l’État. Le séminaire privilégie une aire – le Saint-Empire à l’époque moderne – où aucun de ces termes ne va de soi : sources et instances concurrentes du droit, fragmentation territoriale de l’espace, diversité sociale, spatiale et confessionnelle des appartenances, feuilleté de plusieurs niveaux d’étaticité. Le croisement de ces complexités est présenté comme un objet fractal, au sens où l’actualisation, par les acteurs, de ces distinctions fait advenir une circulation constante, fluidifiée et inventive entre les différentes échelles et les différents rythmes de référence et d’action. L’objectif du séminaire est donc de saisir les moments où un système complexe s’éprouve dans des situations précises. Il ambitionne de s’ouvrir vers une analyse comparée de ce qui noue ensemble le juridique, le spatial et le social et ainsi vers une lecture enrichie d’autres régions où, en apparence, on sait mieux ce que les notions d’« État », de « territoire » et d’« appartenance » veulent dire.

Pour la deuxième année consécutive, le séminaire s’affronte à ce problème de la « spécificité » du Saint-Empire, en posant en miroir le défi qu’il jette aux historiens et celui que les contemporains peinaient déjà à relever. Il cherche à éviter trois écueils auxquels s’est depuis longtemps heurtée la recherche sur l’Allemagne moderne : déclarer l’Empire incomparable, car trop particulier ; le tordre au contraire pour le ramener vers le modèle de l’État moderne ; construire enfin une échelle spécifique, celle de « l’étude comparée », découpant deux objets dont la dissection préempte le résultat. Nous avons exploré les échelles, les critères et les méthodes possibles de la comparaison, et donc la nécessité autant que le danger du « terme de comparaison » et de sa normativité cachée, et nous avons constaté à cet égard la difficulté à transcender les catégories, les priorités et les cécités de chaque historiographie nationale. Nous reviendrons en 2016-2017 vers la voie que privilégie le séminaire pour appréhender les étaticités fractales : le cas – en cherchant à construire des comparaisons à géométrie variable à partir de situations précises.

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DU BANNISSEMENT VERS L'ENFERMEMENT : HISTOIRE DE LA TRANSFORMATION DES PEINES – FRANCE, ALLEMAGNE, 17e-18e SIECLES

(Collège universitaire français, Moscou)

Notre vision de la pratique pénale à l’époque moderne est toujours profondément marquée par les peines capitales et les supplices, effectués publiquement en ayant recours à une mise en scène méticuleuse de l’effroi. Mais ces sanctions ne représentaient qu’une infime partie de l’arsenal pénal moderne. Beaucoup plus importantes, du moins d’un point de vue quantitatif, furent des peines qui, pour dé-ployer leurs effets d’exclusion, avaient recours à l’espace, sous des formes spécifiques dans les différentes régions européennes : bannissement (urbain et territorial) dans le Saint-Empire, en France ou en Italie envoi aux galères dans l’espace méditerranéen, déportation vers l’outre-mer par les puissances coloniales (ou vers la Sibérie en Russie). Ce cours s’appuiera principalement sur une comparaison franco-allemande, mais ne s’interdira pas de faire des incursions dans d’autres espaces européens et extra-européens. Il permettra ainsi de se familiariser avec les caractéristiques de ces peines, tout en proposant une réflexion sur le rapport entre espaces et pratiques pénales qui combinera des approches d’histoire spatiale, de la justice pénale et des migrations modernes, et retracera l’évolution de la transformation des peines jusqu’à la – longue – naissance de la prison. 

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RAUM UND STRAFPRAXIS : VERWEISUNG UND DEPORTATION IN DER FRÜHEN NEUZEIT

(Humboldt-Universität zu Berlin)

Unser Bild der Strafpraxis in der Frühen Neuzeit ist immer noch geprägt von den Todesstrafen und Verstümmelungen, die unter Rückgriff auf eine ausgeklügelte Inszenierung des Schreckens in der Öffentlichkeit exekutiert wurden. Diese Sanktionen repräsentierten jedoch nur einen sehr kleinen Teil des frühneuzeitlichen Strafarsenals. Zumindest quantitativ viel bedeutsamer waren räumlich ausgrenzende Strafen, die in den unterschiedlichen europäischen Regionen in jeweils spezifischen Formen vollstreckt wurden: Stadt- und Landesverweis im Alten Reich, Galeerenstrafe im Mittelmeerraum, Deportation in Überseegebiete durch die Kolonialmächte (bzw. nach Sibirien in Russland). Das Seminar wird mit den jeweiligen Charakteristika dieser Strafen vertraut machen und dies mit einer Reflexion über das Verhältnis von Raum und Strafpraxis kombinieren, die Ansätze der frühneuzeitlichen Raum-, Strafjustiz- und Migrationsgeschichte miteinander verbindet.

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